Mes réponses aux citations



Parce que plutôt que d'aborder la question dans son ensemble, il y a une addition de citations qui s’enchaînent pour créer un récit, j'ai tenu à décoder autant que possible, et bien entendu selon ma perception des choses, ces citations. C'est très long et s'adresse probablement à ceux dont la question les intéressent fortement, que ce soit des témoins ou des membres du studio. Ce sont des discussions que nous n'avons pas pu avoir, et des citations qui sont publiques ont donc une explication publique. J'ai fait des erreurs, mais je crois que l'esprit général est bien différent de l'article présenté.

« Tout le monde a peur de lui  »
Faux et vrai: Un sondage externe anonyme sur le respect des individus donne 92% Les exagération ne sont pas utiles dans ces situations où c’est une certaines justice qui est recherchée. Vrai, les plaignants avaient probablement tous en commun une peur sincère, et je le regrette fortement. Je pense que la peur est de mauvais conseils et qu’il est difficile de s’en échapper en même temps.
« Il y a une espèce de culte autour du fait de tout sacrifier pour le travail »
Faux : la moyenne doit être de 1 week-end par an par personne sur les 3 dernières années. Ce que je pense c'est que ceux peuvent être à l'aise dans leur travail ont bien de la chance par rapport à tous ces métiers si difficile. La vie personnelle est d'une importance totale. Et les deux n'ont pas à se faire au détriment de l'autre.
« Il m’a reproché de ne pas lui demander de travail le week-end afin de m’améliorer »
Faux : je voulais l’encourager à progresser et qu’il pouvait le faire en me demandant du travail s’il le voulait. Avec 50 employés, ce n’est pas des week ends effectués par un junior qui fait la différence. Il se formait sur d’autres outils le soir, et il faisait déjà ce travail de son plein gré. Et je ne lui ai jamais fait le reproche de ne pas le faire. Je serais surpris qu'un autre employé travail les week ends pendant cette période.
« mais que si tu ne bosses pas le week-end, tu ne peux pas en être un. Et lui, il veut que des “champions du monde” »
Faux : nous avons de très nombreuses personnes ultra fortes qui ont peut-être fait en tout 3 week ends dans toute leur carrière et vous trouverez facilement des témoignages pour confirmer cela et le fait que je ne les encourage pas à travailler le week end. C'est vrai que certains le font, surtout les plus anciens, qui ont souvent beaucoup de connaissances et responsabilités.
« Il met une grosse pression sur les employés pour les heures sup. »
Faux. Je suis un des premiers à partir des bureaux, il y a aucun outil de supervision des horaires. Quand des personnes travaillent davantage, je leur suis reconnaissant au nom de l’équipe, et c’est la moindre des choses. Mais si je n’ai presque jamais imposé d’heures supplémentaires (même si les seniors avec qui je travaille depuis 20 ans en font encore) c’est que je respecte énormément les horaires personnels. J’ai jamais refusé un congé, je permet le télétravail et même les plus anciens peuvent prendre plusieurs semaines à distance pour combiner voyage et travail. Nous payons 10% d'heures supplémentaire hebdomadaire pour compenser ce travail engagé. Mais je veux justement pas une culture du crunch et de l'entreprise qui impose des week ends.
« Moi mon but c’est de trouver mes champions »
Vrai. Le jeu vidéo est très compétitif et la sérénité de gens qui travaille dans le secteur et qui pensent à leur avenir provient du fait d’être dans une équipe hautement capable. « Mes champions » veut dire qu’ils n’ont pas besoin d’être champion toute catégorie, mais que lorsque
l'on ramène leur compétence aux spécificité du studio, que l’on puisse considérer difficile de trouver mieux, en prenant en compte leur expérience dans l’équipe et avec nos projets.
« toi, t’es level 40, je veux que tu sois niveau 112. Qu’est-ce qu’on fait avec le laps de temps qu’on a pour changer ça ?”  »
Vrai et faux.
Vrai, cette personne n’avait pas le niveau pour permettre au studio d’être compétitif. Mais je voulais signaler qu’elle avait déjà un bon niveau dans l’absolue. Niveau 112, c’est une référence à ces jeux où l’on peut dépasser le niveau 100 et qui embauche des personnes très forte. Nous sommes en concurrence avec ces gens
Faux « Le laps de temps qu’on a » n’est pas de moi. Quand les personnes me semblent être positives et vouloir progresser, j’ai très souvent laissé des années à des personnes pour y arriver. C’est souvent d’ailleurs ce qui a pu créer des tensions, parce que c’est là où je tente d’encourager et que si la personne a du mal, qu’il peut y avoir un quiproquo.
« Le pire, c’est que pour se justifier d’être aussi dur et dégradant avec ses employés, il affirme qu’il agit dans leur intérêt, pour leur bien  »
Faux et Vrai. Je me vois mal me justifier d’être dégradant. Cependant, les personnes qui témoignent disent se sentir dégradé et je crois, par principe, les ressentis des gens, et je m’en excuse, parce que c’est très probablement vrai qu’elles l’ont ressenti comme ça. C’était involontaire.
« Dès que la porte de l’ascenseur s’ouvrait et qu’on le voyait sortir, c’était le coup de flip dans la seconde. Quand il entrait dans une pièce, je priais pour qu’il ne se s’adresse pas à moi »
Vrai. Antoine avait peur de moi, parce qu’il était partie prenante dans un conflit qui opposait de nombreuses personnes au studio par rapport à des personnes du siège. Il avait peur parce qu’il communiqué dans notre dos des informations au siège, qui ensuite essayait alors de me faire parler pour ce qu’il nous a dit soit découvert.
J’en profite pour dire que Antoine qu'il rêvait d’Ubisoft et a été soutenu par mois, où j’ai vanté ses mérites de champion du monde, proposé qu’il fasse une mission sur un projet et recommandé lors de son embauche dans le nouveau studio. Cette personne m’avait pourtant traité de con envers un autre collègue, suite à une remarque sur un énième retard et le fait de ne pas travailler à ce qu’il lui était demandé mais de jouer sur la console, sous couvert de chercher des bugs qui n’était pas dans son affectation. Cela faisait beaucoup pour une matinée.

« En tout, il m’a fait recommencer la même tâche 6 fois en 6 mois  ». « J’ai perdu énormément de temps, il fallait repartir de zéro à chaque fois, c’était très démoralisant. »
Vrai. Je suis totalement d’accord sur cet aspect. Je déteste jeter tout travail. Parfois des projets entiers son arrêtés dans le jeu vidéo, et c’est parfois parce que la qualité n’est pas là. Et quand un élément n’est pas assez bien, on doit malheureusement itérer. Je regrette ces situations et c’est le symptôme très local d’une mauvaise gestion. Et je m’excuse auprès de cette personne. Cela arrive très peu au studio mais on n'est pas parfait, surtout en préproduction.

« Ceux qui refusent savent qu’ils s’exposent à de grosses crises de colère. « Il n’aime pas qu’on lui tienne tête  », ajoute Romain »
Vrai. J’ai tendance à avoir un ton péremptoire et la forme fait encore trop souvent défaut. On m’a déjà dit qu’on était pris dans une tempête, de manière amicale, et je l’ai gardé en tête. J’essaye de m’améliorer. C’est souvent quand l’attitude de certains mettent en danger le travail des autres que je m’emporte : critiques dans le dos, jugement ou irresponsabilités face à un travail critique. Et un peu faux : un manager qui souhaite la réussite d’un studio est assez heureux qu’on lui tienne tête. Si les arguments de fond ne passent pas et que vous ne pouvez pas prendre tout le temps nécessaire à tout expliquer, c’est compliqué. Et c’est pourquoi une règle est de toujours pouvoir confronter son point de vue si on le souhaite. Après, s’ils ont peur, c’est effectivement ma faute de ne pas le permettre assez. Ceux dont ce n’est pas le cas, savent autrement que ce n’est pas un soucis.
« On l’entendait gueuler dans tout le studio des horreurs du type ‘c’est pas possible c’est nul tu devrais te barrer”
Faux et vrai. Tu devrais te barrer, je ne vois pas. Je sais que les gens peuvent être piéger sur place et ne peuvent pas forcément le faire. Vrai : malheureusement, comme je le disais je peux parler fort, et cela peut être blessant pour la personne de savoir que les autres peuvent entendre lesquelles sont mises devant les soucis. C'est une faute.

« J’ai remarqué que tu ne rigoles plus à mes blagues, je sens que t’es pas bien »
Vrai. Il y a des personnes qui ne sont pas bien, et j’ai tendance à le ressentir et à tenter de désamorcer la chose en prenant le temps de parler, d’identifier les problèmes de fond et de voir comment aider. Et donc, « Pendant, 3, 4, voire 5 heures, le manager questionne les salariés, leur « retourne le cerveau  », nous dit-on. » C’est bien la première mesure que je prendrai grâce à ces témoignages : fini ces moments qui prennent tant d’énergie pour tenter d’améliorer l’entente au studio pour eux et pour les autres. Cela restera beaucoup plus sur le travail. Et c’est ce que je décris ici : « Je crois que lorsque l'on s’intéresse aux gens, à leur vie, leur avenir, qu’on les encourage ou qu’on leur parle d’eux de manière honnête, que parfois les émotions prennent le dessus  »

« Au final, si tu veux pas qu’il te harcèle et que tu vives un enfer, il faut que tu sois dans un rapport de soumission  »
Faux. Oui pour faire tourner un studio de 50 personnes il faut que les personnes suivent quand même la direction, mais c’est plutôt ceux qui souhaitent mettre une atmosphère de conflit qui s’imposent eux même un enfer que personne ne demande, ne leur souhaite, ni pour eux, ni pour les autres. J’ai déjà eu des personnes très découragées de voir ces personnes perpétuer des conflits, en ayant des postures pendant si longtemps, qu’ils en étaient malheureux eux aussi de venir au travail.

« Le visage de TrackMania, c’est lui »
Vrai. Et encore là, c’est pour protéger les gens du studio. Des joueurs ne cessent d’harceler les développeurs en ligne et je leur déconseille, d’expérience, d’être en première ligne.

« Il n’écoute pas les gens  ». « Il travaille 24 heures sur 24  »
Faux. J’ai travaillé énormément pour sortir le dernier jeu, mais sur les trois années qui ont précédé, j’étais plutôt sur un rythme de 4 jours sur 7. Je donne cette impression, parce que c’est vrai que je pense au projet presque 24h/24h, mais je sais bien qu’à trop travailler, surtout à mon âge, on perd en efficacité. Et aujourd’hui, si je pouvais réduire mes heures, je le ferais avec grand plaisir. Mais quand vous voulez aider le projet et garantir au mieux l’avenir des collaborateurs, vous vous retroussez les manches et abordez les chantiers avec courage. Cette personne confirmerait qu’il me voyait assez peu au travail quand il était là, d’où mes « apparitions » depuis l’ascenseur. Il était cependant, lui, trop au travail et j’ai le témoignage d’une personne lui recommandant de ne pas trop le faire pour son équilibre et avec laquelle j’étais totalement d’accord, d’autant plus que d’autres qui le corrobore explique qu’il avait tendance à ne pas bien utiliser son temps : sites de jeux, vidéos youtubes etc. probablement justifié par le fait qu’il restait là. C’était pesant pour ses collègues et inquiétant pour lui.
"À un autre, le cofondateur de Nadeo aurait demandé « est-ce que tu penses que ton père serait fier de toi ? »."
Vrai et c’était une erreur. Je croyais être en confiance et mon intention, alors qu’un autre de ses collègues qui a probablement témoigné mais ne s’en est pas vanté, qu’il avait entraîné dans une spirale négative cette personne, et qu’il avait eu trop d’influence sur lui. A ce moment, alors que la personne venait d’être très négative, je n’ai pas essayé de confronter ses parents à son travail, mais tenté de lui faire rendre compte, à cette personne que nous trouvons tellement bien, que son comportement était bien en dehors de ce qui semblait être ses valeurs, juste avant ce premier travail qu’il était si content d’avoir. J’ai été mal compris et c’est de ma faute. Je ne voulais pas parler du père mais de l’image que pour moi ses proches avait forcément pour cette personne que nous trouvons si gentil et qui était en tel décalage avec ses propos. Et le témoignage est d’ailleurs rapporté par quelqu’un d’autres que lui apparemment.

À la fin, il m’a fait lire un poème d’une employée qui avait des pensées suicidaires, et il m’a demandé si ça me parlait  »,
Faux mais il y a pu avoir un quiproquo. C’était envoyé par quelqu’un de très malade. Je crois que le poème que j’ai montré était de Charles Chaplin, when I start to love myself. Mais j’ai un doute. Je m’excuse si c’était inapproprié. Encore une fois, j’ai eu probablement trop de proximité avec les personnes qui voyaient en moi une personne avec un pouvoir important. J’attends plus du travail et l’aventure humaine que nous avons est plus importante que les jeux que nous faisons et ces derniers sont une manière de la prolonger avec la plus grande sérénité possible.

« Parfois, il sortait son calepin et se mettait à dessiner devant moi, comme si j’étais le cadet de ses soucis, alors que je lui parlais de sujets importants  ».
Vrai. Je fais ça depuis toujours pour m’aider à me concentrer. J’ai été mis à l’arrière de la classe en mathématique parce que je le faisais, et je le fait toujours quand je dois bien écouter. C’est un travers que je tenterai de corriger.

Quentin se souvient avoir été plusieurs fois traité de « bouffon  », tout comme plusieurs de ses collègues. À Numerama, Florent C. explique « ne pas s’en souvenir, et ce serait surprenant, car j’évite fortement de juger les personnes et plutôt de parler de leurs actes quand il y a des problèmes. C’est un principe. Mais si je l’ai fait, je le regrette  ».
Je me suis souvenu après qu’on me l’a déjà reproché, mais encore une fois, et il y a des témoins, il ne me semble vraiment pas l’avoir dit. De plus, j’avais dit la même chose, que si c’était le cas, que je m’excusais, et la personne visée, et il y en avait clairement une seule, qui n’est pas celle qui témoigne m’avait dit que c’était accepté et qu’il n’y avait plus de sujet là-dessus. Les insultes, c’est moi qui les récolte sur internet en ce moment, et cela dépasse bien le sujet de bouffon. Je tiens à souligner ici à quel point il y a deux poids deux mesures.

« Il critiquait tout le temps Ubisoft pour leur gestion des jeux, le marketing, les structures hiérarchiques des studios»
Faux et vrai. J’ai toujours souligné le succès de tout cela et l’efficacité. J’ai souvent mis en lumière nos différences, et ce qui fait que nous opérons dans un contexte différent. Les joueurs le savent que les jeux sont tellement polymorphes, que l’on peut seulement s’attendre à un certains type de jeu d’un certains type d’organisation. Oui sur Shootmania Storm, j’étais contre un tournois à $100K en version alpha, et que c’était difficile à gérer pour nous, mais j’ai aussi félicité plusieurs fois le soutient qu’ils ont fait au titre, et j’en étais d’ailleurs gêné vu notre taille : cf l’E3. Et oui, il y a une difficulté structurelle à toucher au pleins potentiel de la structure d’Ubisoft mais il y a aussi des avantages majeurs, et c’est ce que je souligne toujours pour compenser certaines frustrations aux autres.

Ubisoft a imposé à Nadeo la production d’un jeu, TrackMania Turbo, codirigé par certains de ses employés
Faux. Ils m’ont complètement laissé le choix entre ma proposition et une autre, c’était une réunion avec Yves & Serge, de laquelle j’ai choisi de partir avec le directeur créatif talentueux que j’étais d’ailleurs moi même allé chercher. C’est une projection à l’issue du conflit que j’ai d’ailleurs tiré au clair après le projet, preuve à l’appuis. Je ne suis pas certains que tout cela soit utile dans la discussion, je crois qu’on touche simplement toujours à ce conflit dont cette personne a décidé de se mettre en opposition avec l’équipe elle-même et qu’elle tente de régler des années après.

Florent a dit “c’est du viol de licence ce que vous faites”. Il s’est barré en disant “débrouillez-vous sans moi”,
Faux et faux. Ce n’est pas moi qui ai dit ça mais j’ai rapporté les propos de quelqu’un qui l’a dit pour souligner la dureté de ce qu’ils venaient de vouloir faire : faire signer un document par la direction du groupe obligeant Nadeo à passer par l’équipe du siège pour tout travail artistique autour de Trackmania. Et c’est le directeur créatif qui a menacé à 4 reprises d’abandonner le projet et nous avons de très nombreux témoignages, dont l’un où une personne du studio la recadré fortement en disant que c’était inacceptable de faire porter ce stress sur les employés.

Une véritable « guerre » entre le directeur de Nadeo et Ubisoft
Faux. C’était un conflit entre des personnes. La direction n’a jamais été d’un bord ou de l’autre et a toujours tenté de concilier.

"Il disait qu’Ubisoft avait ruiné son jeu"
Faux. J’ai critiqué, comme les joueurs, le jeu à plusieurs reprises pour certaines raisons et j’ai jamais hésité à souligner les qualités indéniable qu’il a, notamment sur la partie creative. C'est davantage du studio et des personnes dont j'étais inquiète, et nous le payons, et ces personnes aussi, encore aujourd'hui.

« Je ne sais pas si le traitement des employés lui était égal, ou si elle était juste impuissante face à nos plaintes  ». Contactée, la responsable RH en question n’a pas répondu à nos questions
Faux. Cette personne a toujours voulu le bien des individus et c’est toujours dans cette optique, et dans son rôle, qu’elle communiquait avec moi. La terreur de la dénonciation publique, la capacité à se retrouver attaquer du jour au lendemain, par un syndicat, la presse et publiquement est terrible. Aucune enquête et en guise de seule défense possible, une liste de questions orientées dont aucune garantie qu’elles seront bien utilisées est faite. Ce qui est décrit ici, et dont on pourrait l’accuser est un epsilon de ce qu’elle doit vivre en ce moment. J’espère sincèrement que les personnes qui l’ont remise en cause pourront faire quelque chose pour la soutenir.

« Les 3 membres du CSE sont des fidèles de Florent C., ils sont très proches de lui  » « Si tu vas leur parler, il sera au courant dans la journée, et tu te feras défoncer derrière »
Vrai et faux. Nous nous entendons très bien et ils ont été élus par les autres qui leur font confiance. La remise en cause de leur intégrité est dommage. Un membre du CSE est membre d’un syndicat externe et c’est lui qui avait justement pris contact avec cet autre syndicat, en me le cachant, pour tenter d’aider, autant les victimes que l’entreprise. Et il y a de nombreux autres recours : plateforme anonyme externe, numéro vert et encore ces personnes essentielles de la médecine du travail où rien a été remonté. Je note que le syndicat lui même n'a pas fait confiance au CSE alors que dans les cas de harcèlement ils recommandent explicitement de s'adresser au CSE en premier. Je comprends ici que le manque de confiance ait joué. C'est très dommage.

«  À cause de son management, les gens n’ont qu’une envie : partir. Les autres ont soit accepté leur sort, soit ce sont des gens très proches de Florent C. »
Faux, ou alors les 76% de personnes qui sont déjà participé au sondage sont eux aussi mis en doute. Depuis 20 ans, nous avons un churn très faible que vous pourrez vérifier. Nous en avons eu un particulièrement élevé dans les juniors cette année pour plusieurs raisons : l’isolement a rendu les relations plus difficile et l’encadrement des nouveaux du studio bien plus compliqué. En rajoutant les complications du travail à distance et la sortie d’un jeu, cela n’a pas aidé.

« Il y a une notion presque sectaire : les gens de Nadeo doivent rester chez Nadeo  », « si tu postules ailleurs il débarque, furieux, et te demande pourquoi tu veux partir  » « Quand j’ai essayé de me barrer, j’ai postulé pour un poste à Ubisoft  », « La RH a vu que je postulais, et l’a dit à Florent C.. Il m’a convoquée dans son bureau, et pendant presque 3 heures, il m’a fait culpabiliser  »
Faux et vrai. Premièrement parce que je souhaite toujours aux personnes d’être là où elles veulent être. Je ne fonde pas l’avenir de l’équipe et la sérénité du studio sur des gens qui veulent partir. Vrai, j’ai « déboulé » mais j’étais surtout gêné de voir cette personne ne pas tenter de persévérer alors que je lui avais donné de fortes responsabilités et mis en condition pour tenter de progresser et rejoindre l’équipe. Je croyais beaucoup en cette personne et c’est lorsqu’elle a été encore dur en réunion quelques jours après, en dépit de mes encouragements, que j’ai trouvé ça le plus difficile. Pour ce qui est des RHs qui informent de ces démarches en interne du groupe, c’est un processus que je critique personnellement, et par principe je ne souhaitais aucunement en tenir rigueur. Le groupe est trop grand selon moi, surtout en France, pour faire comme si nous étions qu’une seule boite et faire risquer aux gens un mauvais avis d’un tel employeur. Et c’est aussi probablement ce qui fait que les gens ont peur de parler et qui créé les problèmes de remonté d’information etc. Et que les personnes se rassurent aujourd’hui, même s’il est assez facile de savoir qui a participé à cet appel, je n’ai aucunement l’intention de les blâmer ou quoi que ce soit. J’espère juste qu’ils pourront passer à autre chose. Et si cet épisode les a aidé, tant mieux.

« Quand j’ai dit à Florent C. que je voulais aller dans un autre studio Ubisoft, il m’a dit qu’il ne m’aiderait pas. Même la RH a refusé de me donner des contacts au début, pour ne pas le froisser »
Faux. C’est totalement contraire à mes principes.
« Il connaît des patrons de studios, j’ai peur qu’il leur dise quelque chose à mon sujet  »
Vrai que je les connais, mais encore une fois, je suis totalement contre la circulation de ces informations.
« J’ai connu une très longue phase de déprime, j’étais persuadé que je ne valais plus rien  », « Je pensais que je ne retrouverais jamais de travail dans cette branche »
Vrai. Nous l’avons tellement supporté. Il a orienté ses études pour aller dans le jeu vidéo, et pour tenir parole alors que ce n’était pas moi qui lui avais dit, je lui ai fait un CDI. Cela se passait très bien, mais avec le temps, et surtout le conflit de Turbo, il s’est retrouvé en opposition avec un des rares studios qui pouvait le faire travailler. Alors qu’il m’avait demandé mon conseil Je l’avais prévenu au départ, en lui montrant dans son autre branche, combien de ville et d’endroit il pourrait travailler et que pour son équilibre, ce serait peut-être mieux, d’autant plus que je ne souhaitais pas me retrouver dans une situation où Nadeo puisse être la seule boite, au risque même qu’elle se retrouve en difficulté, et qu’il ne puisse pas retrouver un travail. C’est une responsabilité délicate que je tente de gérer en proposant des métiers transverse, gestions, artistiques, ingénieurs. J’aime moins embaucher des gens au profil spécialisé dans le jeu vidéo pour éviter, alors que c’est une industrie qui progresse si vite, de les retrouvé coincé quelques années plus tard, alors que certains ont besoin de quitter Paris, souhaitent un autre cadre de vie ou simplement parce que l’industrie a trop changé. Mais encore là, peut-être que je me préoccupe de manière trop lourde de toutes ces questions, et je crois que je ferai plus simple à l’avenir.

Pour moi, un studio c'est avant tout une possibilité d'une aventure humaine positive. Et il est évident que je réserverai cette ambition à toutes ces personnes qui me soutiennent. Je m'excuse une nouvelle fois pour tout ceux qui ont souffert. Je m'excuse qu'en retour certains souffrent aussi. J'espère qu'ils arriveront à tourner la page, et s'ils ont besoin d'aller en justice, j'irai volontiers. Mon objectif est aucunement de me battre ou être dans le conflit, je souhaite juste que les gens soient le mieux possible. Je ferai désormais attention à ne pas trop en faire sur la proximité et si c'est le cas, de le faire avec une délicatesse supérieure.

Merci aux syndicats et aux personnes qui sont vigilantes pour tout ça. Le dialogue entre employé et employeur est un atout majeur de notre société moderne. Le journalisme qui mets en lumière la vérité aussi. Préservons tous ça.

Florent Castelnerac
Nadeo

PS : Un dernier petit mot à tous ces gens qui insultent publiquement, sans jugement, et parfois à répétition, j'espère que vous comprendrez l'ironie de votre action. Soit on a des valeurs, soit on ne les a pas. Merci.




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