Maitre Eolas ✏️ · @Maitre_Eolas
5th Mar 2014 from TwitLonger
@Ganette_ @jjalmad Petit moment culturel.
L'Ukraine fut historiquement un royaume très disputé. Située à la
frontière entre les puissants royaumes de Moscovie, de Pologne, de
Lituanie, et le Sultanat de Constantinople, elle est régulièrement
envahie par des armées tatares au service du sultan. C'est pour lutter
contre eux qu'est créée une confrérie militaire, les Cosaques, au XVIIe
siècle. Une des premières confréries cosaques est celle de Zaporoguie
(zaporogue vient de l'ukrainien za porohamy et signifie « derrière les
rapides »), et est née sur les rives de la Dniepr, dans le nord de
l'actuelle Ukraine. Les Cosaques ont une vieille réputation de bourrins, qu'ils conservent soigneusement jusqu'à ce jour (cf. leur intervention contre les Pussy Riots à Sotchi).
En 1676, les Cosaques ont mis une branlée aux armées du sultan de
Constantinople Mahmoud IV. Néanmoins, le Sultan ne désespère pas et
envoie une missive aux Cosaques leur proposant de se rendre malgré leur
victoire. L'histoire en a gardé trace, la voici.
« En tant que sultan, fils de Muhamad, frère du Soleil et petit-fils de
la Lune, Vice-roi par la grâce de Dieu des royaumes de Macédoine, de
Babylone, de Jérusalem, de Haute et Basse Égypte, Empereur des
Empereurs, Souverain des Souverains, Invincible Chevalier, Gardien
indéfectible jamais battu du Tombeau de Jésus Christ, Administrateur
choisi par Dieu lui-même, Espoir et Réconfort de tous les musulmans, et
très grand défendeur des chrétiens,
J’ordonne, à vous les Cosaques zaporogues de vous soumettre
volontairement à moi sans aucune résistance.
Sultan Mahmoud IV »
Il s'est sans doute dit "Sur un malentendu peut-être ?", je ne sais pas.
Les cosaques vont prendre leur meilleure plume et lui répondre avec
toute la finesse, la subtilité et l'esprit littéraire des rugueux hommes
des steppes, dans ce qui est l'un des plus anciens cas connus d'incident diplomatique.
« À Toi Satan turc, frère et compagnon du Diable maudit, serviteur de
Lucifer lui-même, salut !
Quelle sorte de noble chevalier au diable es-tu, si tu ne sais pas tuer
un hérisson avec ton cul nu ? Vomis du Diable avec ton armée dévorée. Tu
n'auras jamais, toi fils de putain, les fils du Christ sous tes ordres :
ton armée ne nous fait pas peur et par la terre ou par la mer nous
continuerons à nous battre contre toi.
Toi, souillon de Babylone, charretier de Macédoine, brasseur de bière de
Jérusalem, fouetteur de chèvre d'Alexandrie, porcher de Haute et de
Basse Égypte, truie d'Arménie, giton tartare, bourreau de Kamenetz, être
infâme de Podolie, petit-fils du Diable lui-même, Toi, le plus grand
imbécile malotru du monde et des enfers et devant notre Dieu, crétin,
groin de porc, cul d'une jument, sabot de boucher, front pas baptisé !
Voilà ce que les Cosaques ont à te dire, à toi sous-produit d'avorton !
Tu n'es même pas digne d'élever nos porcs. Tordu es-tu de donner des
ordres à de vrais chrétiens !!
Nous n'écrivons pas la date car nous n'avons pas de calendrier, le mois
est dans le ciel, l'année est dans un livre et le jour est le même ici
que chez toi et pour cela tu peux nous baiser le cul ! »
Signé le Kochovyj Otaman Ivan Sirko et toute l'Armée Zaporogue
Un simple "non" aurait suffit.